Le taureau de Camargue est différent du taureau espagnol : plus léger, les pattes plus fines et le fanon très ample il est moins massif que son cousin.

Les taureaux de Camargue se déplacent en groupes sous la conduite d’un vieux mâle, leur chef. L’environnement camarguais est propice à l’élevage de ces taureaux et chevaux. Ces taureaux sont groupés en "manades" (jusqu’à 500 bêtes).

Les jeunes taureaux sont triés puis marqués de l’emblème de la manade lors des "ferrades". La bête est toujours marquée sur la cuisse gauche et au fer rouge. Par la suite on lui place un morceau de bois sous les naseaux pour l’empêcher de téter et commencer le sevrage. Puis on entaille l’oreille suivant la découpe représentative de la manade, ce qui permet d’identifier le taureau en cas de fuite hors des terres de l’éleveur.


Oh là!!!

Le jeune taureau est ensuite lâché et ce n’est qu’à l’âge de 3 ans, après avoir longuement observé son comportement lors de courses camarguaises que l’on décide ou non d’en faire un "cocardier".

Les courses camarguaises ou courses à la cocarde, se déroulent dans des arènes dont sont pourvus pratiquement chaque village en Languedoc-Roussillon.

Avant le début de la course, les "razeteurs" traversent les arènes sous la musique de "Carmen" pour saluer les membres de la présidence, c’est la "Capelado", "capel" signifie chapeau en Languedocien.

Au premier coup de trompette, la porte du toril s’ouvre et le premier taureau s’élance sur la piste, il dispose d’une minute pour effectuer la reconnaissance des lieux et s’habituer à la lumière du jour.

Lorsque le deuxième coup de trompette retentit, les razeteurs commencent à effectuer les "razets" qui ont pour but d’enlever à l’aide d’un "crochet" les attributs du cocardier fixés sur les cornes du taureau.

L’ordre de l’enlèvement des attributs est immuable :

Le président de la course commence à primer. Les annonces sont offertes par des sympathisants du club taurin ainsi que par toute personne qui le désire.

Les primes montent de 10, 50,100 F voire même beaucoup plus suivant l’importance de la course.

Les razeteurs sont aidés par les "tourneurs", hommes également en tenue blanche mais dépourvus de crochets, ceux-ci placent le taureau dans la position la plus favorable, en attirant son attention, afin que le razeteur effectue son razet dans des conditions optimales de réussite.

Les attributs enlevés sont comptabilisés et permettent aux razeteurs de totaliser de l’argent et des points s’ils participent à un trophée.

Le cocardier (taureau de course libre) reste en piste 15mn.

S’il rechigne à réintégrer le toril, on fait sortir alors le "simbèu", ou meneur de la manade, plus âgé que les autres et pourvu d’une cloche. Le taureau le suivra jusqu’à son enclos.

Lors des fêtes votives, a lieu avant midi une "abrivado" ou arrivée. Les taureaux encadrés par des gardians arrivent des près jusqu’aux arènes et sont ensuite enfermés dans le toril.

Une vachette est lâchée dans la piste pour amuser la jeunesse.

Les taureaux pour la course de l’après-midi arrivent en "char" (gros camion) et sont enfermés directement dans les boxes du toril.

Après la course, les taureaux de l’abrivado repartent un à un encadrés par des gardians, c’est la "bandido" ou échappée, mais cette fois, après avoir traversé une petite partie de la ville, ils rejoignent le "char", sont attachés et ramenés dans leurs près.

Les cocardiers qui ont couru l’après-midi sortent du toril sont enfermés et attachés dans le char qui les ramènera à leur pâturage.

Nous tenons à prévenir les personnes méconnaissant ces traditions que les courses et abrivado de taureaux représentent un réel danger et qu’il est prudent de se mettre à l’abri lorsque ceux-ci parcourent les rues de la ville

Lexique

Aficiona: amateur de courses de taureaux.

Attributs: une cocarde, deux glands et les ficelles et frontal (ficelle passant derrière les cornes) destinés à être enlevés par les razeteurs lors de la course.

Abrivado: arrivée des taureaux depuis leur lieu de pâturage jusqu’aux arènes encadrés par les gardians. La population essaie de faire échapper les taureaux en rompant la barrière formée par les gardians.

Bandido: contraire de l’abrivado. Elle se déroule après la course. Elle permet au taureau de regagner son pâturage.

Bioù: taureau de Camargue.

Bistournage: castration de jeunes taureaux pour les consacrer uniquement à la course camarguaise.

Course camarguaise: il existe 3 sortes de course camarguaise: concours de manades qui met en compétition les taureaux de plusieurs élevages, la Royal qui met en compétition les meilleurs taureaux appelés cocardiers d’une même manade, la course de Taü qui met en compétition des jeunes taureaux non émasculés.

Course de nuit ou toro-piscine: course pendant laquelle les jeunes gens de la région se mesurent à de jeunes taureaux.

Capelado: défilé et salut des razeteurs au public et à la présidence avant la course.

Crochet: instrument dont se sert le razeteur pour enlever les attributs du taureau.

Dountaire ou simbèu: chef des taureaux dressé pour aider les gardians dans les manades ou les arènes. Il a toujours une sonnaille pendue au cou.

Encierro: lâcher de taureaux dans un périmètre délimité.

Escoussure: coupe d’un morceau de l’oreille du taurillon d’une manière propre à chaque manade.

Ferrade: marquage des jeunes taureaux ou anoubles aux armes de la manade.

Gardian: cavalier à cheval.

Manade: élevage de taureaux.

Peña: troupe d’animation musicale, à tendance espagnole, avec beaucoup de cuivres.

Razeteur: homme vêtu de blanc qui se mesure aux taureaux.

Razet: passe du razeteur pour enlever les attributs du taureau.

Toril: lieu où l’on enferme les taureaux.

Tourneur: il aide le razeteur à placer au mieux le cocardier.