Le jeu taurin qui a pris plus tard le nom d'abrivado avait lieu à l'origine au moment du déplacement des manades. Encadré de gardians, le troupeau traversait champs, hameaux et villages.

Dans les villages, des attroupements de valets de ferme se formaient sur leur passage pour tenter de perturber la bonne marche du troupeau. Les gardians devaient affronter ceux qui se faisaient fort de démanteler la troupe de cavaliers et de faire échapper au moins un taureau.
Les gardians lançaient alors leur monture et la manade au galop pour leur échapper. D'où l'origine du mot abrivado* (abriva: accélérer, lancer, précipiter).
Organisé le jeudi de l'Ascension, le concours d'Abrivado rassemble dans les rues de Vauvert de 6000 à 8000 personnes.
Il met en compétition pour l'honneur, plusieurs manades. Au cours de leur passage successif, elles sont jugées sur la tenue des gardians, le harnachement, la vitesse, le travail de conduite. Les attrapaïres* sont toujours nombreux à tenter de faire échapper les taureaux. Le concours d'Abrivado de Vauvert, le premier du genre, est célèbre par la technicité de son parcours.
Quant à la bandido* (bandi: délivrer, lâcher), elle avait lieu à l'origine lorsque la course était terminée. Avant l'arrivée du char*, c'était le moyen le plus sûr de ramener les taureaux de la course, des arènes vers la manade.
Aujourd'hui, abrivado et bandido sont devenues des spectacles taurins qui gardent toute leur authenticité. Les taureaux qui sont utilisés ne sont pas ceux qui courront ensuite dans l'arène. Mais le plaisir et l'émotion sont toujours au rendez-vous des aficiona*.
| aficiona: amateur de courses de taureaux. |
| attrapaïres: nom donné aux gens qui tentent d'attraper les taureaux au cours d'une abrivado pour les faire échapper. |
| bandido: contraire de labrivado. Elle se déroule après la course. Elle permet au taureau de regagner son pâturage. |
| char: attelage avec lequel on amenait auparavant les taureaux des prés au village. Maintenant il s'agit d'un camion qui a conservé ce nom. |